Audemars Piguet Vintage

26 juin 2012 à 21:47

Audemars Piguet Royal Oak : l'histoire

La Royal Oak en questions

Montres Modernes et de Collection se prête à nouveau au jeu des questions-réponses autour des montres mythiques par l’intermédiaire de son charismatique propriétaire Eric Hamdi. Après la Rolex Daytona et la Patek Philippe Nautilus, voici la saga de la Royal Oak, modèle culte de la manufacture Audemars Piguet.

Pourquoi avez-vous choisi de nous parler de la Royal Oak ?

 

Dessinée par Gérald Genta dans les années 70, elle symbolise, avec la Nautilus qu’il réalise quatre ans plus tard, la nouvelle vague esthétique horlogère, totalement avant-gardiste à l’époque.

Et cette année, la manufacture Audemars Piguet fête les quarante ans d’un modèle toujours au catalogue sous les références 15202 et 15300 (fin de production en 2012).

Une montre dont les premières séries voient aujourd’hui leur cote s’envoler.

 

Quelle est l’origine de son appellation ?

 

Royal Oak, qui signifie littéralement « Chêne Royal », évoquee un événement majeur dans l’histoire britannique du milieu du XVII siècle : Charles II d’Angleterre aurait trouvé refuge dans cet arbre après sa défaite contre Cromwell durant la bataille de Worcester, en 1651. Entre le milieu du XVIIe et jusqu’à la première guerre mondiale en 1914, la Royal Navy baptisera huit de ses navires HMS Royal Oak. Gérald Genta s’inspira de leur coque en chêne consolidée par des plaques d’acier pour dessiner le bracelet, et des sabords de forme octogonale pour la lunette.

 

Dans quel contexte le modèle est-il né ? Et en quoi est-il novateur ?

 

Au même titre que la Nautilus « Jumbo » 3700, la Royal Oak apparaît dans les années 70, une époque qui a vu se généraliser le quartz et se trouve en pleine mutation. Comme elle, la Royal Oak a révolutionné les codes horlogers avec une esthétique complètement novatrice : une lunette octogonale enchâssée au boîtier par huit vis en or blanc et son bracelet intégré. Toutes les deux seront dotées, à l’origine, d’un cadran de couleur bleu tout à fait caractéristique.

Présentée en 1972 à la foire de Bâle, la montre laisse les professionnels plutôt perplexes au début. Le succès demarrera quelques années plus tard. Je me souviens très bien, la Royal Oak était la toute première montre haut de gamme étanche en acier... vendue au prix de l’or. Le choix du matériau utilisé, le tout acier, surprend. Dans les années 70, il est pratiquement exclusivement destiné aux montres sportives, les modèles de prestige sont en or ou en platine. Et cela peut faire sourire aujourd’hui, mais son diamètre de 39 mm, d’où l’appellation Jumbo, frappe à une époque où le diamètre des montres dépassent rarement les 36 mm.

 

Pouvez-vous nous donner les grandes évolutions du modèle ?

 

D’abord produit à 1 000 exemplaires, il sera ensuite manufacturé et classé sous forme de références chiffrées, elles-mêmes regroupées en séries commençant par les lettres A, B, C, D. Les montres les plus recherchées aujourd’hui sont les premières series référence 5402 série A qui possède le sigle AP à 6 heures. En 1992 paraît ensuite un modèle de transition, dit « Jubilée », sous la référence 14802, une série limitée à 1 000 exemplaires sortie pour les 20 ans de la Royal Oak.

Rééditée sous la référence 15202, la montre conserve aujourd’hui ses caractéristiques initiales, à savoir l’emploi de l’acier inoxydable ; un calibre 2121 à remontage automatique dérivé du Jaeger LeCoultre 920 qui équipe également la Nautilus 3700. Les mêmes fonctions : heure, minute, date, et un boîtier étanche à 50 mètres. Les dimensions sont également identiques : 39 x 48 mm, ainsi que le cadran guilloché au motif « tapisserie », reconnaissable entre tous. Les différences sont principalement l’apparition d’un fond saphir et le déplacement du logo AP sur le cadran de 6h à midi.

En 2005, AP lance une seconde version plus perfectionnée, d’allure plus sportive et plus moderne, la référence 15300 toujours d’actualité. Bien que les deux modèles soient d’aspect très similaire, le calibre manufacture 3120 lui confère davantage de fiabilité, de précision avec l’apparition de la tseconde centrale... et d’épaisseur. Sur le cadran, les index et les aiguilles sont facettés, donc plus visibles que sur la 15202, le guichet dateur est plus petit et n’est plus encadré dans un liseré. Le remontoir est dorénavant vissé et la boucle se dote d’une triple déployante.

 

A-t-il donné lieu à des variantes ?

 

Oui, tout à fait. Tout au long des années 80 apparaîtront des modèles de plus petite taille ; en or jaune ; en or et acier ; en version quartz, et également pourvus de complications.

Ainsi dès 1983, la Day-Date indique le jour et la date, en 1989 la Dual Time se dote d’un second fuseau horaire ; des 24h, de la réserve de marche et de la date. Un calendrier perpétuel est lancé en 1983, et une version squelette en 1986. Tous sont encore au catalogue Audemars Piguet qui ne cesse de s’enrichir, notons également la complication Equation du temps ou les versions lady, serties de diamants.

La version chronographe de la Royal Oak, dite « Kasparov », et la collection Offshore lancée en 1992, plus sportive et produite en éditions très limitées, ont toutes autant de succès.

La manufacture ne cesse d’innover dans l’emploi de nouveaux matériaux qu’elle n’hésite pas à adapter à l’univers horloger comme le carbone forgé, emprunté à l’aéronautique 

 

Et sa cote, où en est-elle aujourd’hui ? Grimpera-t-elle encore ?

 

A son lancement en 1972, la Royal Oak est vendue 3 300 Francs Suisses (CHF). Un coût jugé exorbitant pour une montre en acier.

Dans les années 90, la cote de ce modèle se situe autour des 25 à 30 000 FFrs. Aujourd’hui, elle oscille entre 15 et 25 000 € selon l’état, l'année et la série. Cependant, à Genève en mars dernier, une série A de 1972, mise à prix 15 000 CHF, s’est envolée à 37 500 CHF frais inclus. Probablement le prix le plus élevé jamais atteint à ce jour... pour cette référence en acier.

Concernant le prix du neuf, comptez 12 500 euros pour la référence 15300 et 17 990 € pour la référence 15202. Des tarifs qui ont augmenté de 28% en 3 ans... Mais si les modèles vintage sont rares et relativement onéreux, je vous invite à pousser la porte de MMC pour acquérir une Royal Oak d’occasion pour moins de 10 000 €. Et commencer, qui sait, une collection que vos petits-enfants se disputeront.

Le succès de ce modèle ne s’est jamais démenti et sa cote, pour les modèles des années 70, n’a cessé de croître. La manufacture Audemars Piguet commémore cette année les quarante ans de la Royal Oak en rééditant son modèle culte des années 70 avec le logo à 6 heures. A cette occasion, la célèbre maison de ventes Antiquorum dispersera, le 13 mai prochain à Genève, 50 modèles exceptionnels... de quoi s’attendre à de nouveaux records !

 

Ci- dessus 4 Audemars Piguet Royal Oak ref. 5402 lors de notre vidéo interview de Martin Solveig qui nous parle de sa passion pour la Royal Oak.

 

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