Au fil de l'actualité

3 mars 2015 à 21:13

Frédérique Constant a-t-il réinventé la montre connectée ?

 

Si la montre connectée a un avenir, il s’appelle peut-être Frédérique Constant. Il y a encore une semaine, l’affirmation aurait pu surprendre. Aujourd’hui, non seulement elle est crédible, mais également probable. Pourquoi ? Parce que la marque – en réalité le groupe, qui comprend également Alpina – ne propose pas une réinterprétation de l’existant mais un véritable modèle économique disruptif, un nouveau segment de marché. 

 

 

Bienvenue dans l’horlogerie intelligente

 

La smartwatch Frédérique Constant, telle que Le Guide des Montres l’a découverte ce 24 janvier à Genève, propose peu ou prou les mêmes fonctionnalités qu’une montre connectée classique. Voire moins, en réalité, puisque cette pièce, pour le moment sobrement nommée « Horological Smartwatch », se concentre exclusivement sur le Quantified Self, c’est-à-dire le monitoring des fonctions essentielles de l’organisme et de son activité : activité quotidienne, assignation d’objectifs, mesure du temps de sommeil et de sa qualité, etc.

 

Ici donc, point d’emails ni de SMS. Peter Stas l’avait déjà indiqué depuis quelques mois : la duplication de fonctions d’un smartphone sur une montre n’avait pour lui aucun intérêt. Le produit devait revenir à sa nature première de bijou.

 

La pièce dévoilée remplit parfaitement cette mission. Design épuré, ligne classique, tons consensuels, trois aiguilles, 39 mm : tout est fait pour séduire le plus grand nombre sans faire de vagues.

 

Et le plus grand nombre, c’est bien ce qui intéresse Peter Stas. Car actuellement, la Suisse exporte chaque année 21 millions de montres à quartz. Si seulement 10% de ces montres électroniques devenaient des montres connectées dans les prochaines années, la demande excèderait donc les deux millions de pièces. Une capacité que la marque pourrait-elle fournir ? 

 

 Ci-dessus, Horological Smartwatch de Frédérique Constant

 

Genève, California

 

Seule, non, mais c’est en revanche la raison d’être d’une joint venture créée pour l’occasion, avec les sociétés MMT et Fullpower. Situées dans la Silicon Valley, elles ont accompagné Frédérique Constant dans le développement de la partie firmware et applicative de l’Horological Smartwatch. Elles assureront la mise à jour du produit, que Peter Stas veut par dessus tout pérenne, à l’opposé du gadget jetable à obsolescence programmée. Sa création est avant tout une montre, accessoirement intelligente, et non l’inverse. C’est la raison pour laquelle la pièce est dotée d’un cadran et non d’un écran, et que son autonomie – talon d’Achille des smartwatch actuelles – est portée à deux ans, grâce à un simple mouvement à quartz qui semble fourni par Soprod

 

 Frédérique Constant Horological Smartwatch ref 285V5B4

 

Reste, évidemment, le prix et la disponibilité, éléments critiques d’un produit de mass market. Frédérique Constant s’est ici montrée très agressif : moins de 1000 euros, en boutique dans quatre mois. La clientèle visée est celle des hommes et femmes de 30 à 45 ans « qui n’ont pas encore d’importants revenus » (sic). L’offre de la marque Frédérique Constant se veut classique et urbaine, celle de sa cousine Alpina, strictement similaire au niveau technique, sera plus sportive, avec une variante sertie pour madame. Cette déclinaison pour elle n’a rien d’anodin : actuellement, sept téléchargements sur dix d’applications de monitoring corporel sont faits par des femmes. Le marché américain, notamment, en est l’un des plus porteurs. 

 

 Alpina Horological Smartwatch

 

Pour le conquérir, le groupe Frédérique Constant n’ambitionne d’ailleurs pas nécessairement d’être seul. Peter Stas annonce déjà la vente possible d’une licence d’exploitation de son système connecté à toute marque horlogère qui le souhaiterait. Un moyen, pour le groupe, d’enrichir un écosystème « horlogiciel », de rentabiliser ses investissements et de se positionner en point de passage obligé pour qui voudrait à son tour investir le terrain de la véritable horlogerie connectée. Au hasard, TAG Heuer ou Tissot, dont les annonces sont également prévues dans les 12 mois.

 

Olivier Müller

 

 

Visuels © Delos Communications, Frédérique Constant

 

 La Smart Watch par Frédérique Constant

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