Essais

24 juillet 2014 à 20:04

Eberhard Tazio Nuvolari Vanderbilt Cup Naked

 

Quoi de neuf chez Eberhard ? De l'ancien ! Sur le créneau avoisinant les 3000 à 4000 euros, la concurrence est rude. La marque joue aux côtés des Hanhart, Oris, Tissot et autres Longines. Comment sortir du lot ? Chaque marque a sa spécialité. Pour Eberhard, ce sera le néo-vintage, un subtil mariage des années 30 et 40 avec quelques (re)touches esthétiques du XXIe siècle.

 

Avec la Tazio Nuvolari Vanderbilt Cup Naked, la recette fonctionne. Eberhard s'est inspiré du coureur automobile du même nom (1892 – 1953). La marque a actualisé sa pièce avec un diamètre plus grand que celui en vigueur à l'époque (aujourd’hui à 42 mm).

 

Malgré tout, la pièce reste relativement discrète et se profilera sans souci sous une chemise fermée. Elle saura tout autant se dessiner bras nus grâce à la discrétion de ses deux tons, noir et blanc, sur une sobre boîte acier. La pièce tombe correctement sur le poignet, quelle que soit sa taille. On regrette toutefois une épaisseur un peu trop prononcée, un mal dont souffre certains Type militaires, mais que rien ne justifie sur une réédition telle la Vanderbilt Cup. Globalement, la quasi-totalité des pièces de ces années offrait deux fois moins d'épaisseur.

 

Au quotidien, la pièce ne souffre aucun défaut rédhibitoire. Parfaitement finie, dotée d'une lisibilité hors paire, un design soigné et cohérent, un look vintage qui se niche dans les moindres détails : l'ensemble respire la fiabilité, le souci du détail. Un guilloché ou une aiguille bleuie n'aurait ici aucun sens côté cadran, nous ne sommes pas dans l'horlogerie genevoise mais dans l'esprit chrono qui fleure bon l'asphalte et l'huile de ricin.

 

 

D'un point de vue mécanique, on applaudit le choix du bi-poussoir avec remise à zéro au sein même de la couronne. La construction est typique de la première moitié du siècle passé mais devenue fort rare depuis que Breitling a imposé le marche / arrêt à 2h et la remise à zéro à 4h. Seule réserve ergonomique, cette dernière, ici donc à 3h, réclame une pression virile, pour ne pas dire musclée, très musclée. Pour les gauchers, ce ne sera pas un problème, l'action se fera avec le pouce. Pour les autres, l'index s'en souviendra !

 

Côté verso, le fond saphir est marqué de la signature du pilote. Ludique, même si l'on tend à penser qu'une infime part des acquéreurs aura déjà eu vent de son existence. En revanche, le calibre visible par le fond révèle une finition exemplaire, digne d'une pièce de gamme supérieure. Perlage, cotes de Genève, ponts polis, masse oscillante parfaitement équilibrée : à l'œil nu comme à la loupe, rien à dire, la prestation est excellente. Mention spéciale également pour l'architecture du mouvement, certes tout à fait traditionnelle pour un calibre industriel de ce type, mais très bien valorisée par Eberhard, avec un beau dégagement à la fois pour l'échappement et les cames du chronographe.

 

Côté accessoires, le choix du cuir, simple et souple, est judicieux car là aussi typiquement vintage. Seule réserve générale : le prix. A 4150 euros, on résiste. Si bien conçue et exécutée qu'elle soit, cette Eberhard reste un chrono de facture industrielle sur base ETA 7750 en acier.

 

On peut apprécier le soin apporté à la pièce, la cohérence de son design, elle n'en reste pas moins proposée sur un marché où l'on peut trouver la même chose...en moins cher. Certaines Hanhart se négocient 1000 euros de moins, une Longines Heritage Military 1938 s’affiche à 1800 euros. Sans même parler du marché de l'occasion où, pour cette somme, on trouve sans forcer des occasions du même esprit...mais d’époque.  

 

Olivier Müller

 

Visuels © Eberhard

 

 

L’avis de la marque

Dans un souci d’équité, Le Guide des Montres partage systématiquement ses conclusions avec les marques. Voici la réponse d’Eberhard.

 

Le chronographe Tazio Nuvolari Vanderbilt Cup Naked ne peut être comparé à des pièces qui ne présentent ni les mêmes caractéristiques techniques telles que l’affichage des temps intermédiaires, ni le raffinement qu’apportent au mouvement les finitions traditionnelles longuement détaillées dans le test. Comme l’ensemble de nos garde-temps, le chronographe Tazio Nuvolari Vanderbilt Cup Naked appartient à un segment de marché dont les prix reflètent les exigences.

Par ailleurs, nous aimerions revenir sur certaines particularités du chronographe, notamment son épaisseur. Nous tenons à préciser que, compte-tenu de la hauteur du mouvement, des composants additionnels du mécanisme co-axial de remise à zéro et de la marge de tolérance nécessaire, nous ne pourrions réduire la hauteur de la boîte qu’en substituant une glace saphir plate à l’actuelle glace bombée, ce qui enlèverait à la montre une partie du charme vintage tant apprécié des amateurs de ce modèle.

Le second point est la pression nécessaire pour actionner le bouton poussoir à 3 heures : contrairement aux anciennes couronnes co-axiales, l’actuelle doit être étanche. La couronne avec le bouton poussoir est donc équipée de 2 larges joints d’étanchéité qui nécessitent en effet une ferme pression du doigt.

 

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